Cécilia recrute à Disney

Vous êtes bien gentils. Vous êtes tous là, à me presser. Enquête, Daniel ! Mais enquête donc ! Qui est vraiment François Mitterrand ? Mais enquête donc !

Vous avez raison. Il faudra bien que je m'y remette un jour ou l'autre. Simplement ici, sur ce blog, avec l'objectif de ce blog, ce n'est pas mon rôle.

Pour vous dire : il m'arrive d'avoir des scoops, et de ne même pas les mettre en ligne, malgré le succès d'audience assuré.

Un exemple. Lundi dernier, je reçois le correspondant à Paris d'un grand hebdo américain. Il voulait se renseigner sur Cecilia Sarkozy. Ca vous a peut-être échappé, mais je suis le spécialiste mondial de Cecilia Sarkozy.

Bref, sa rédaction en chef lui a commandé un papier sensationnel : comment Cecilia est le révélateur de la fantastique et soudaine plongée dans la modernité de toutes les femmes françaises, comment elle les a fait sortir de la préhistoire, ou quelque chose dans le genre.

Comme quoi, le "rédacteur en chef qui a une idée bien arrêtée" est un fléau international.

Lui, le correspondant, il aimerait bien faire autre chose, trouver un autre angle. Ne pas tomber dans le piège. Et c'est pourquoi il vient me voir.

Bref, histoire classique.

Et là, dans la conversation, il me lâche une info.

Que dis-je, une info ?

De la bombe.

Cecilia a embauché une attachée de presse à l'Elysée. Et il me donne son nom : Carina Alfonso-Martin. Avec le détail qui tue : elle vient d'Eurodisney.

Vous imaginez ? Je suis le premier journaliste en France à être en possession de cette bombe : Cecilia a recruté à Disney. Avant les gars de chez Ruquier, avant les gars de chez Fogiel, avant les auditeurs de Morandini, avant tout le monde.

The scoop ! Et c'est moi qui l'ai !

Je fais un Google expres, juste le temps de situer la dame.

Et puis voilà, aussitôt après ce rendez-vous, j'en enchaine un autre, et ce qui devait arriver arrive : je n'ai pas le temps de faire une note sur le BBB. Comment on rate un sccop mondial.

Bref, c'est sorti aujourd'hui.

D'abord dans Stratégies, et c'est passé un peu inaperçu.

Et puis, ç'a été repris fissa par le site De source sûre, dont je vous ai déjà parlé.

Rien à dire, les gars de De source sûre, ils savent faire mousser une info, la mettre en valeur. L'éditer, comme on dit.

Mais ce n'est tout de même pas leur info. C'est tout de même, à la base, une info sortie par Stratégies.

Alors voilà la question : le job effectué par De source sûre, qui consiste à prendre une info des autres, à la mettre en valeur, à la rendre attrayante, à la bichonner, à la propager, qu'en pensez-vous ? Vous pensez que c'est un vrai boulot, utile, qui mérite d'être développé ? Ou vous pensez que c'est rien que des parasites qui font de la mousse sur le travail des autres ?

Mine de rien, c'est un débat de fond.

Source:
bigbangblog.net
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# Posté le mercredi 06 juin 2007 08:05

Dits et non-dits du parachutage à TF1 de Laurent Solly

Je pourrais vous parler de Sarkozy. Ca marche toujours, Sarkozy. Mais je vais attendre un peu. A dire vrai, j'ai été un peu dupe du premier film. Comme vous tous, j'ai vu pendant la campagne "Sarkozy I, l'incendiaire". J'ai donc écrit : c'est un incendiaire. Depuis l'élection, on voit un autre film : "Sarkozy 2, je fais l'ouverture et je vide les caisses pour bétonner les législatives". Mais au fond, je ne suis pas vraiment sûr qu'il va vider les caisses, même si le vidage de caisses est bénit par Le Figaro et LCI, et leur mignon petit griot nommé Opinionway. Il est tout à fait possible qu'il recule sur le vidage de caisses comme il a déjà magnifiquement reculé sur la Turquie. Je pense que le vrai film commencera le 18 juin. On va donc attendre un peu.

Pourtant, je vais tout de même vous parler de Sarkozy.

Vous avez regardé Arrêt sur images, cette semaine ?

Si c'est le cas, vous y avez vu la talentueuse Rama Yade, secrétaire nationale de l'UMP à la francophonie, opposée au caustique Benoit Hamon, secrétaire national du PS.

Si ce n'est pas le cas, vous pouvez toujours la regarder ici.

Vers la fin de l'émission, Hamon taquine Yade sur le cas Laurent Solly, le chef de cabinet de Sarkozy qui vient d'être parachuté directeur général adjoint de TF1 (parachutage qui a valu, en provenance de la gauche, des accusations sonores de "berlusconisation"). Accusations un peu outrées, à mon sens : il est dans l'ordre des choses que TF1 soit sarkozyste sous Sarkozy, comme elle était chiraquienne sous Chirac. Il est vrai qu'elle n'était pas mitterrandienne sous Mitterrand. On pourrait donc formuler la règle ainsi : il est naturel que TF1 soit du côté du pouvoir, surtout quand le pouvoir est de droite.

Et Yade (en substance) : "mais ce n'est pas le problème de l'UMP. C'est le problème des médias. Si TF1 a accepté ce parachutage, c'était à TF1 de résister. Ce n'est pas des victimes, les médias. On n'est pas dans une république bananière". Bref, elle ne connait pas ce monde-là, ce n'est pas son milieu, elle ne se prononcera pas.

Ca, c'était sur le plateau. Au démaquillage, Yade a été beaucoup plus claire, à propos de Solly à TF1 : "c'est scandaleux !" a-t-elle dit. (NDR : cette citation a été modifiée le 5 juin, après confrontation des souvenirs des témoins de la scène)

Alors, Judith, aussitôt : "mais pourquoi ne pas l'avoir dit ainsi sur le plateau ? Que craignez-vous ?"

Rama Yade nous a alors expliqué pourquoi elle n'avait rien dit sur le plateau. Elle n'a pas voulu accabler Solly, qui traverse une passe difficile (il vient d'essuyer un deuil cruel dans sa vie).


C'est, en effet, une bonne raison.

Sauf que, avec retard, cet épisode m'a rappelé ce que j'avais lu de Solly, et de son parachutage, dans Le Monde du 24 mai dernier, sous la plume du spécialiste des médias Guy Dutheil (et non celle de l'embedded de Sarkozy, Philippe Ridet, ce qui laisse penser que la source de la rumeur ci-dessous est plutôt à chercher du côté de TF1).

"Le président de la République, écrivait Guy Dutheil, aurait été conduit à recaser son proche collaborateur. Promis à devenir le directeur de cabinet de M. Sarkozy, M. Solly aurait pâti de l'opposition de Cécilia Sarkozy, qui lui ferait grief de s'être occupé d'une partie de l'agenda privé du président de la République".

Je vous laisse le soin de relire, et de traduire en français cette expression rédigée dans le style Monde : "une partie de l'agenda privé".

Je vous laisse le soin de déduire tout seuls pour quelle raison Cécilia Sarkozy en voudrait à un collaborateur de son mari de s'occuper "d'une partie de son agenda privé".

Et à la lumière de cette traduction, je vous laisse vous demander tout seuls pour quelle raison l'opposition a si fort enfoncé le clou Solly, ces jours derniers. Et pour quelle raison les sarkozystes semblent si gênés.

En d'autres termes : les anti-sarkozystes qui tapent sur Solly le font-ils parce que, initiés aux détails de "l'agenda privé", ils ont repéré le point sensible, le maillon faible ? Les sarkozystes qui n'osent critiquer publiquement le parachutage de Solly s'auto-censurent-ils pour les mêmes raisons ? Autrement dit, les uns et les autres, à l'écart des caméras, font-ils des gorges chaudes de cette affaire "d'agenda privé" ?

Ce ne sont que des questions. Je n'en sais pas davantage que ce que j'écris ici. Mais je sais que vous attendez, en ce dimanche ensoleillé, une morale provisoire de ces histoires décousues. Alors la voici : Il me semble qu'il serait plus efficace pour l'information des citoyens que les journaux, sur ce parachutage, écrivent tout ce qu'ils savent aujourd'hui, plutôt que de lancer, dans cinq ans, des livres bombes.

Bon dimanche.
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# Posté le mercredi 06 juin 2007 08:03

Courir moins pour penser plus

Régis Debray (dont, je vous l'ai déjà dit, je suis assez fan) théorise depuis longtemps avec d'autres copains médiologues un truc rigolo qu'il appelle, tenez vous bien à vos baskets : l'effet jogging.

Il en parle dans une revue très confidentielle, un machin qu'on ne peut lire que sur abonnement qui s'appelle Médium et dont je me doute que vous n'êtes pas nombreux à en avoir eu connaissance, en dépit de mes appels du pied (en basket). Je me permets donc de vous en restituer sans trop de scrupules la réjouissante substance, tant elle est aujourd'hui d'une bondissante actualité. Ça commence comme ça :

« L'effet jogging est le nom plaisant donné par les médiologues à un phénomène grave et déroutant, par trop sous-estimé : l'effet rétrograde du progrès technique. »

Suit le premier et iconique exemple : le jogging. Ou comment la civilisation, à mesure qu'elle produit des moyens techniques pour économiser ses efforts de déplacement (voitures, trains, ascenseurs, trottinettes et compagnie), s'invente simultanément des moyens pour dépenser le plus d'énergie de déplacement possible : le jogging. « Moins les citadins marchent, plus ils courent ».

Ce phénomène inspire à Debray ce puissant commentaire : « la déstabilisation technologique suscite une restabilisation culturelle. A chaque « bond en avant » dans l'outillage correspond un « bond en arrière » dans les mentalités."

Déjà là, je trouve ça plutôt sympatoche : de ne pas voir le jogging comme le signe positif d'une santé de fer, d'une hygiène exemplaire, d'une énergie débordante ou même d'un désir de communication frôlant l'hystérie - mais de le voir comme le signe d'une rétromanie. D'un bond en arrière. Comme la dépense irrépressible et proprement insensée d'une énergie qu'on a par ailleurs tout fait pour économiser.

Son absurdité criante se met à hurler à nos oreilles, et dans la vibration du tympan, on se prend à méditer : sur le bond en arrière plus général que les petits bonds sportifs de notre président pourrait faire faire à la France, qu'on nous présente bien évidemment comme un progrès.

Ainsi le « travailler plus pour gagner plus », fuite en avant dans la dépense d'énergie visant la dépense consumériste paraît-il aux tenant du capitalisme comme un indiscutable progrès. J'y vois, moi, une désolante régression de civilisation. La civilisation devrait travailler à libérer l'homme de ses aliénations, à poursuivre la démarche d'une réduction du temps de travail au profit du temps « libre », le mot est beau pourtant et devrait plaire aux libéraux.

La civilisation, vue de loin plutôt que dans l'obsession de nos polémiques 35h, devrait amener l'homme à travailler moins pour œuvrer plus. Œuvrer, le mot est beau lui aussi : on y entend l'œuvre, qui se hisse parfois au chef d'œuvre, mais on n'est pas obligé d'aller jusque là tout le monde n'a pas la vocation. Œuvrer, c'est travailler, certes, c'est étymologique : operare, c'est opera, qui désigne à la fois l'activité et son produit, son résultat. Donc œuvrer c'est travailler dans un rapport d'appropriation avec ce qu'on fait. C'est travailler en étant maître du sens qu'on donne à son activité : on l'a choisie, elle fait sens pour nous, elle est épanouissante, contraignante certes (même écrire un roman, c'est contraignant) mais stimulante et gratifiante ; nécessaire pour soi, pour d'autres raisons que le remplissage du frigo.

Dans l'œuvre, je mets indistinctement celles de mes activités rémunérées (celles que la société appelle mon « travail »), et celles non rémunérées (qu'elle appelle mon « loisir »), du moment que j'y trouve la gratification de m'y sentir digne et grandie par elles. J'en exclus celles de mes activités qui ne me font me sentir ni digne ni grandie, comme celles que j'ai faites quand j'ai fait « hôtesse d'accueil » - ça veut dire distribuer des pins dans un supermarché ou des prospectus publicitaires aux chauffeurs des voitures arrêtées au feu - ou bien petite main dans une entreprise - ça veut dire faire des photocopies et du rangement dans des bureaux sans fenêtres. Si ces tâches sont incontournables dans la société, le progrès devrait veiller à les raréfier, les écourter le plus possible et ne contraindre personne à les faire toute une vie - ces tâches-là, personne n'aime ça, ça n'a aucun intérêt que la quête de la seule subsistance, finalité non suffisante à l'édification d'un être humain. Mais aujourd'hui, pour beaucoup, c'est ça, travailler ; et si c'est ça, le travail, c'est l'aliénation.

Travailler vient de tripalium, instrument à trois pieux destiné à ferrer les bœufs ; de là, le travail désigne d'abord l'état d'une personne qui souffre (la parturiente, par exemple). Puis l'activité comme effort pénible, contraint. Difficile d'aimer ça. Et pourtant le slogan porté au pouvoir est bien celui-là : travailler plus pour gagner plus. Qui se traduit dans ma tête par : s'aliéner plus pour s'aliéner plus - via la spirale consumériste. Bond en arrière s'il en est. Rétromanie flagrante. Alors que moi, si j'étais présidente de la République, plutôt que de passer mes aubes à jogger en short, et ben je chanterais, à tue tête et sur tous les tons : travailler moins pour œuvrer plus. Ça vous fait pas rêver un peu plus, ça ?


source: bigbangblog.net
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# Posté le mercredi 06 juin 2007 08:00

Pendant ce Temps dans l'After France!

Japon: tentative de suicide du ministre de l'Agriculture (médias)


TOKYO, 28 mai 2007 (AFP) - Le ministre japonais de l'Agriculture, Toshikatsu Matsuoka, récemment éclaboussé par des allégations de corruption, a tenté lundi de se suicider par pendaison, rapportent les médias nippons.
On ignore si le ministre a survécu ou non à cette tentative, ont précisé l'agence de presse Kyodo et la chaîne Nippon Television.
Les médias japonais ont récemment accusé M. Matsuoka, 62 ans, d'être impliqué dans une affaire de corruption.
Deux de ses comités de soutien électoraux auraient reçu plusieurs millions de yens de la part d'un groupe d'entreprises de bâtiments et travaux publics. Ces entreprises avaient par la suite remporté des appels d'offres lancés par une agence de gestion forestière contrôlée par le gouvernement.
Toshikatsu Matsuoka, un bureaucrate qui a effectué pratiquement toute sa carrière au sein du ministère de l'Agriculture, a pris ses fonctions actuelles de ministre fin septembre 2006. Il est en outre député depuis 1990.


Pendant ce Temps dans l'After France!

Alain Juppé revenu de son inéligibilité d'un an est numéro 2 du gouvernement et ministre d'État. Alain Carignon, Gérard Longuet, Patrick Balkany et tant d'autres (je vous laisse compléter...) s'ébrouent dans les allées du nouveau pouvoir Sarkozyste. Charles Pasqua publie ses mémoires. Quant à l'ex Président Chirac, après une commode immunité de douze ans, il a débuté sa retraite en emménageant dans un appartement prêté, on le sait, par la famille Hariri... Et dieu sait pourtant que, lui, la culture Japonaise, ça le connaît...

Soyons clair, je ne souhaite le suicide d'aucun de nos honorables hommes politiques. J'espère même pour eux une très longue vie. Mais disons juste que cet événement éclaire ou donne à réfléchir à notre rapport culturel à la corruption.

Et restons en là...



Pour finir, surtout, surtout, je vous remercie d'avance de ne pas solliciter trop vite dans vos commentaires le triste exemple de Pierre Bérégovoy en 1993. L'ancien Premier ministre avait été mis en cause au sujet d'un prêt à 0%, passé devant un notaire, - par Roger-Patrice Pelat - d'un million de francs pour l'achat de son appartement ( il avait déjà remboursé 500 000 francs...).

Aucune marché public, aucune preuve de corruption.

Demandez-vous plutôt quel autre Premier ministre Français aurait eu besoin d'emprunter un million de francs pour acheter son appartement ... ?

source: http://birenbaum.blog.20minutes.fr/

# Posté le lundi 28 mai 2007 07:33

Encore une portion de frites ?

Encore une portion de frites ?

Je vous ai déjà parlé de cette délicieuse assiette, dégustée par Sarkozy à Toulouse, avec les ouvriers d'EADS.

Vous avez peut-être vu l'image (attention, JT en ligne seulement jusqu'à demain).

Mais vous n'aviez pas le son.

Vous avez raté un grand moment.

Le BBB avait un envoyé spécial au self de Colomiers, qui s'est déguisé en ouvrier d'EADS. Ci-dessous, son récit.

Vendredi à Colomiers, Nicolas Sarkozy est venu partager son repas avec les « cols bleus » d'Airbus. Une belle image destinée aux J.T. Il ne manquait que le son, mais seuls des journalistes d'un « pool image » triés sur le volet furent conviés quelques instants à immortaliser la scène, avant d'être priés d'aller se restaurer à leur tour dans une autre salle. Dommage, les échanges qui suivirent furent parfois savoureux.

« Il n'y a plus de journalistes, là ? » demande le président. Quelques instants plus tôt, face aux délégués syndicaux, aux caméras et aux micros, il avait promis de « mettre les pieds dans le plat », sans rien annoncer de concret. Les syndicalistes, qui espéraient une remise en cause de 10.000 suppressions d'emplois annoncés par la direction, sont restés sur leur faim. Les salariés, eux, vont être servis par Sarkozy.

« Moi, je n'étais pas là pour les cérémonies de lancement de l'A380. Toux ceux qui se sont précipités à l'époque pour se faire photographier, ils sont où maintenant ? », lance-t-il à peine attablé devant son assiette de frites.

La vengeance est un plat qui se mange froid. Au lendemain du premier vol de l'avion géant, Noël Forgeard avait organisé tout exprès pour Jacques Chirac, son grand protecteur, une matinée entière au milieu des ouvriers d'Airbus. En guise de remerciement, l'ancien PDG aujourd'hui honni aura appris que le nouveau président a chargé Jean-Louis Borloo de déposer un texte de loi pour interdire les « golden parachutes ».

Petit « hic » dans la communication présidentielle pourtant bien huilée : les salariés présents dans le réfectoire n'ont manifestement pas encore eu vent de cette annonce médiatique, qui ne mange pas de pain. « Où en est l'enquête sur les délits d'initiés ? », préfère demander l'un des nombreux salariés qui se sont massés, debout, autour de la table où ont pris place Sarkozy, Borloo et Gallois. Un peu surpris par cette question qu'aucun journaliste bien élevé n'a osé lui poser, Sarkozy pique du nez dans son assiette en espérant que le nouveau ministre de l'Economie, chargé par lui de mettre « de l'éthique » dans les affaires, le relaiera. Mais Borloo reste muet et se contente de sourire, comme il le fera durant toute la visite. « Aucun souci, ça sortira », finit par lâcher le président en relevant la tête vers ce salarié un peu trop curieux, qui ne porte pas la blouse bleue de la douzaine de salariés soigneusement sélectionnés pour déjeuner en uniforme de travail à la table présidentielle. Sentant que sa réponse est un peu courte au goût de l'assistance, il ajoute qu'il a trouvé l'épisode « choquant ».

Un peu démuni pour répondre aux questions très concrètes que les salariés non prévus par le protocole posent sur l'avenir de leur entreprise, Sarkozy préfère laisser Louis Gallois répondre avant de tenter de reprendre la main sur un sujet qu'il maîtrise mieux. Il embraye sur un fait-divers relayé le matin même dans la presse : un passager du métro lyonnais brûlé par deux voyous.

L'occasion pour lui de citer en exemple l'Angleterre de Tony Blair. « Les caméras de sécurité sont quand même très utiles. En Grande-Bretagne, ils en ont des millions et ça ne pose aucun problème. Si on en met, ça n'est pas pour violer votre intimité », glisse le président en se tournant vers sa voisine, l'une des rares ouvrières présentes dans le réfectoire, judicieusement placée entre lui et son ministre de l'Economie.

Il poursuit sur sa lancée en évoquant de nécessaires changements dans les programmes scolaires. « Il faut apprendre autre chose à l'école. Les vraies valeurs. On peut le faire sans être réac ». Juste avant de sortir de table pour « embaucher » comme il dit à son premier conseil des ministres, Sarkozy trouve enfin le moyen de se faire applaudir en lançant à la cantonade cette promesse qui fait mouche dans la « France qui se lève tôt » : « Il n'y aura plus un minimum social sans obligations sociales ».

source: DS du BigBangBlog.net

# Posté le samedi 26 mai 2007 07:31