Sarko et les dames Patronnesses

Les patrons du CAC40 ont eu leur président, les « exclus » auront donc leurs ministres. Hirsch et Boutin pour l'intérieur ; Kouchner pour l'extérieur. Le bouclier et les allègements fiscaux plus les commandes de l'Etat pour les premiers, la compassion très chrétienne plus les tentes pour les autres. « L'idée de mettre Martin Hirsch me semble très emblématique (...) C'est l'héritier de l'abbé Pierre, il apporte cette tonalité compassionnelle sur laquelle le nouveau président semble vouloir jouer. (...) Il s'agit de toucher la corde sensible du public qui peut s'émouvoir de ce nouveau pouvoir de la même manière ou presque que quand il regarde la Star Ac' ou une émission de télé réalité. Sarkozy avait une image dure, clivante, de chef de guerre et là, il change de style..., il ferait presque pleurer dans les chaumières. » Dominique Reynié (professeur à Sciences Po) a vu Hirsch, il a oublié Kouchner qui va jouer au gouvernement un rôle identique à celui du successeur de l'Abbé Pierre pour la France, comme une sorte de Saint-Bernard planétaire. Car n'en doutons pas, Sarkozy sera le véritable chef de la diplomatie française.

Décidément Nicolas Sarkozy pense à tout. Non seulement il réalise cette ouverture en trompe l'½il que Bayrou (puis Royal) avait rêvé, mais il reprend à la gauche, l'accentuant même jusqu'à la caricature, cette posture de super-assistante sociale que la candidate socialiste avait cru bon d'endosser. Un comble pour quelqu'un qui n'a eu de cesse pendant toute sa campagne de fustiger cette France qui préfère vivre de l'aide sociale plutôt que de travailler. Il fallait bien ça pour donner le change quelque temps et masquer le caractère de classe hypertrophié d'un tel pouvoir.

Humiliée, trahie par les siens, la gauche ne trouve même pas la réplique. Comment le pourrait-elle ? N'a-t-elle pas appelé elle aussi à la réconciliation des Français avec l'entreprise ? Deux avocats d'affaires, l'un à la présidence, l'autre à l'économie, président désormais aux destinés du pays. DSK devrait être ravi, ses v½ux sont exaucés. L'Entreprise France est en de bonnes mains. Les dames patronnesses veilleront à ce que la pilule ne soit pas trop dur à avaler.
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# Posté le samedi 19 mai 2007 06:16

Frités Power8

Allez, tentons de mettre en pratique. Tentons de regarder ailleurs que là où on veut nous faire regarder. D'abord, courtoisement, saluons le feu d'artifice. Dati : très bien. Ah la belle rouge ! Le réchauffement, en numéro deux : parfait, promesse tenue. Ah la belle bleue ! Et la bougeotte présidentielle. Jogging, Betancourt (à propos, à quoi joue Uribe ? On dirait t'y pas qu'il se moque un peu de notre président tout neuf ?) : génial. Ah la belle verte ! Une seule réserve : personnellement, l'appellation du plat de lentilles d'Eric Besson me semble un peu courte. "Secrétaire d'Etat chargé de la Prospective et de l'Evaluation des politiques publiques", ça ne rend pas justice à ses mérites. Moi j'y aurais rajouté "infrastructures", ou "internationales". Mais passons.

Et ce voyage éclair à EADS, à Toulouse. Magnifique ! Visite de l'usine, plateau-repas avec les délégués syndicaux, prise en main directe des problèmes : ah le beau bouquet ! Ah cette poignée de main avec la caissière de la cantine, cette assiette de frites, montrées par France 2 en pâmoison ! Ah comme on est loin, du Fouquet's et du Paloma !

Ce voyage à Toulouse, justement. Et si on s'y arrêtait deux secondes.

Car oui, les images sont belles. Mais qu'est-il allé faire à Toulouse, justement, toutes affaires cessantes, qui justifiât ce déplacement dès le deuxième jour de son quinquennat ?

Les jités, pâmés d'aise, ont gardé l'extrait dans lequel il annonce sa prochaine loi contre les golden parachutes. Très bien. Comme on est loin de Lagardère et de Bolloré.

Mais sinon ?

La réponse est dans les dépêches. Il suffit de se décoller de l'écran du 20 Heures, et de partir à la pêche.

Prenez le plan de suppressions d'emplois Power 8, par exemple. Qu'avait dit le candidat, le 12 avril dernier ? "Je ne me sens pas tenu par Power 8".

Que dit le président aujourd'hui à Toulouse ? "J'ai toujours dit qu'un plan social était nécessaire" mais "ce n'est pas à l'actionnaire de gérer le plan social", "c'est aux dirigeants de l'entreprise de créer les conditions du dialogue social sur la rémunération, sur les primes, sur Power 8", a-t-il dit. M. Gallois "a la confiance des actionnaires, ce sont ses décisions, je n'ai rien à en dire".

Autrement dit, moi Sarkozy, je n'ai rien à dire sur Power 8. La dépêche d'AP semble voir là, à raison, une reculade.

Quant au site de Meaulte, apparemment, Sarkozy souhaite y associer le sous-traitant Latécoère, externalisation à laquelle les syndicats sont opposés (seule France 3 a diffusé l'extrait du syndicaliste de FO émettant des réserves). "Faut pas prendre les gens pour des cons" a même confié un syndicaliste, off, à l'envoyé spécial de Libé.

Mais les dépêches ne titrent pas là-dessus. Mais les jités préfèrent montrer les assiettes de frites et des syndicalistes reconnaissants. Ca va être comme ça pendant cinq ans. Plus les images seront belles, plus il faudra se demander ce qu'elles cachent. L'information existera. On n'est tout de même pas tout à fait en Russie. Mais ce sera à vous d'aller la chercher tous seuls, comme des grands.

source: bigbangblog.net
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# Posté le samedi 19 mai 2007 06:12

Ministres et conseils au PS

L'opposition ne peut être qu'inconditionnelle. Les socialistes n'ont d'autre choix que celui-là s'ils veulent préserver l'essentiel lors des prochaines élections législatives et entamer la reconquête. Je les conjure d'en finir avec ces déclarations de tiédeur répétées inlassablement depuis 2002 sur les vertus d'une opposition « responsable », « lucide mais déterminée » et autres mièvreries destinées à complaire aux puissances d'argent. Avec le nouvel élu, il ne saurait être question d'adopter la posture frileuse de l'opposition « réaliste », ce pauvre masque dont la fonction est de dissimuler les plus lâches renoncements.

De ce point de vue, le gouvernement Fillon est une bénédiction. J'y discerne de grandes faiblesses. Les postes clés y sont occupés par des amateurs qui plaisent à TF1 mais qui seront sources de bien des difficultés pour le nouveau Premier ministre.

Commençons par Kouchner. C'est un homme qui a beaucoup de qualités, (personnellement j'ai toujours été bluffé par sa capacité à se tirer les larmes sur des plateaux de télévision, quasiment sur commande), mais il ne possède aucune de celles qui font les grands ministres des Affaires étrangères. Les socialistes devront impérativement lui mener une vie d'enfer, notamment lors des séances de questions d'actualité. Il faut impérativement qu'à chacune de ces interpellations soient prononcés les mots de « trahison », « traîtrise », « félonie », « parjure », « désertion », « déloyauté »... Il doit devenir la cible permanente du PS. Cette entreprise doit être menée systématiquement, constamment et inlassablement, à l'Assemblée comme ailleurs. Que les jeunes parlementaires socialistes, si ils sont élus ou réélus plantent chaque jour leurs crocs dans ses jarrets. Vous verrez le résultat, Kouchner y perdra ses nerfs, et comme il comprendra vite qu'il s'est fait roulé par le nouvel élu, qu'il est juste bon à passer à la télévision et que pour le reste, il n'est qu'un paillasson, il quittera le gouvernement sur un esclandre qui causera grand tort à ceux qui l'ont débauché. Cette affaire là peut être menée en six mois maximum. Ce sera le premier fiasco du tandem au pouvoir.

Autre cible de choix, Rachida Dati.
Je l'ai bien observée durant la campagne, elle n'a pas de nerfs. C'est une impulsive emportée, fébrile ; elle est comme son maître, elle se veut omnipotente et se croit habitée par un destin hors norme alors que c'est une pauvre excitée qui souffre d'un grand manque d'estime de soi. Elle n'est dotée d'aucune des qualités qui font les grands Gardes des sceaux. A elle aussi, même traitement que Kouchner, à l'Assemblée comme ailleurs. Il est évident qu'elle interviendra maladroitement et brutalement dans les affaires sensibles et il suffira d'en tirer profit. Il conviendra que les campagnes de déstabilisation menées contre elles soient des plus acharnées, si le PS y consent, bien entendu.

Boorlo présente aussi nombre de faiblesses à exploiter . Il faut sans plus attendre entamer une campagne sur le maintien de son épouse au journal de 20 heures d'Antenne 2. Elle doit y officier de nouveau durant la campagne des législatives, il faut dénoncer sans attendre cette "collusion". Si on l'a retirée pour l'élection présidentielle, élection qui ne concernait pas son époux, pourquoi revient-elle dans une période où celui-ci entre au gouvernement et est candidat à des élections législatives? D'une pierre deux coups, puisque cette affaire aurait aussi le mérite de rappeler aux Français l'inféodation des puissances médiatiques au nouvel élu.

Ce gouvernement comporte encore bien des faiblesses : Hortefeux, un faible ; Pécresse, une bourgeoise désincarnée ; Bachelot, une fausse gentille incompétente ; Boutin, une illuminée ; Alliot-Marie, une psychorigide sans âme ... Je pourrais ainsi définir une stratégie de combat à l'encontre de chacun de ces zozos, mais la place manque aujourd'hui.


Quant au Premier ministre, il conviendra de l'ignorer complètement pour mieux souligner en toute occasion son inexistence politique et se consacrer à la seule cible qui compte, l'invraisemblable président que les Français ont élu par accident.


Je m'en veux presque d'avoir à donner ces conseils de simple bon sens politique aux socialistes, c'est vous dire mon inquiétude, mais les choses étant ce qu'elles sont à ce jour, il faut bien apprendre à réapprendre ce que doit être une opposition digne de ce nom (et de ses électeurs) qui entend devenir majorité avant 2017.
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# Posté le vendredi 18 mai 2007 07:07

Jour 1 de la France D'après: La Presse!

"Ils ont été soupçonnés, pour certains d'entre eux, de se montrer trop indulgents envers Nicolas Sarkozy".

Bigre ! Qui donc évoque ainsi le "climat de suspicion" qui entoure les "embedded" sarkozyens ?

C'est...la figure emblématique de ces embedded, Philippe Ridet, du Monde, dans un court article sur le recrutement de deux journalistes (Catherine Pégard, du Point, et Myriam Lévy, du Figaro) par les cabinets de Sarkozy et Fillon. Philippe Ridet qui, aujourd'hui, semble pincer la bouche devant ces pantouflages un peu voyants, est le même qui dans ses articles (par ailleurs talentueux) a passé sous silence la plupart des dérapages sarkozystes au cours de la campagne. Le même qui, avec une désarmante honnêteté, racontait sur le plateau d'Arrêt sur images combien il était difficile pour les "embedded" de résister à la séduction, au tutoiement, aux fraternelles plaisanteries du futur président.

Après le clash entre Le Monde et le groupe Bouygues, qui vient de se conclure par la suspension de l'émission "Le Monde des idées", co-produite par les deux groupes, après l'appel du directeur au vote Royal, assorti d'une pique savamment dosée anti-Lagardère, on dirait que le journal de Colombani multiplie les prises de distance à l'égard de la Sarkozie, et de ses oligarques.

Dans un documentaire de Michel Samson et Jean-Louis Comolli, diffusé la semaine dernière sur ARTE, et consacré à la couverture de la présidentielle par Le Monde, on entendait ainsi Colombani redouter par avance, devant ses rédacteurs, que le sarkozysme soit une période "difficile pour les valeurs qui sont les nôtres".

Seuls les mauvais esprits rapprocheront cet apparent virage à gauche de l'élection interne qui, le 22 mai prochain, doit décider de renouveler le mandat de Colombani à la tête du journal. Et seuls les esprits informés le rapprocheront de l'insistance avec laquelle Colombani se présente aux journalistes médusés, dans les réunions internes, comme le dernier rempart anti-Minc.

De Mitterrand, Colombani se souvient au moins d'une leçon : une élection se gagne à gauche.

Source: bigbangblog.net
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# Posté le mercredi 16 mai 2007 09:58

Jour 1 de la France D'après: Dinasty!

Les Anglais avaient ça, pas nous.

Mais depuis midi et la cérémonie de passation de pouvoir, nous la tenons.

Notre famille royale.


Il y a les princesses aux jolies dents et aux belles jambes de Diana, il y a le petit prince avec son costume de Harry, l'écusson Club sur la poitrine et la coupe sur mesure. Il y a la reine mère aussi.

Et la blondeur ! J'oubliais la blondeur anglo-saxonne qui colore de façon unique les images de ce protocole. La blondeur, avant qu'on en fasse stupidement le symbole de la bêtise féminine (alors que les brunes ne donnent pas leur part au chat), la blondeur donc, racontait les familles royales et "la croisière des sang-bleu" façon Barthes.

Désormais la République a ses cheveux d'or.

Des Présidents trop vieux nous en avaient privés. Mitterrand était grand-père quand il a pris le pouvoir, Chirac a caché ses filles et quand il a laissé sa femme apparaître dans la lumière, il était trop tard. Giscard aurait pu mais ses filles étaient brunes. Et puis à l'époque Jacques Martin se serait moqué, par le petit bout de la lorgnette...

Non, aujourd'hui, nous la tenons, notre famille régnante, nous l'avons notre « clan » comme l'a déjà nommé Claire Chazal. Une famille qui n'aura rien à envier à celle des Windsor et des Grimaldi. Rien ne vaut la tendresse d'une mère titre-t-on déjà en contemplant les bras bronzés de Cécilia affectueusement posés sur les épaules de son fils. Les belles-filles, elles, iront peut-être au bal des débutantes, le petit fera qui sait du polo et le grand ? Que nous réserve le grand blond ?

Stéphanie de Monaco va pouvoir prendre sa retraite, la relève est assurée. Le Président a parlé au nom du peuple français mais les images, elles, ont parlé au nom du People Français. Un smack à Cécilia qui est là aujourd'hui comme elle était absente hier, une caresse sur la joue de cette épouse (à ne pas confondre avec la claque amicale sur la bajoue de P. Séguin qui n'a pas vraiment aimé). La famille recomposée autour du collier présidentiel fera la plus belle des photos. Même la musique, "Albéniz" a répété deux fois PPDA, célèbre autant le président que son épouse, arrière petite fille du compositeur.

Source:
bigbangblog.net
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# Posté le mercredi 16 mai 2007 09:55

Modifié le mercredi 16 mai 2007 10:15