Les patrons du CAC40 ont eu leur président, les « exclus » auront donc leurs ministres. Hirsch et Boutin pour l'intérieur ; Kouchner pour l'extérieur. Le bouclier et les allègements fiscaux plus les commandes de l'Etat pour les premiers, la compassion très chrétienne plus les tentes pour les autres. « L'idée de mettre Martin Hirsch me semble très emblématique (...) C'est l'héritier de l'abbé Pierre, il apporte cette tonalité compassionnelle sur laquelle le nouveau président semble vouloir jouer. (...) Il s'agit de toucher la corde sensible du public qui peut s'émouvoir de ce nouveau pouvoir de la même manière ou presque que quand il regarde la Star Ac' ou une émission de télé réalité. Sarkozy avait une image dure, clivante, de chef de guerre et là, il change de style..., il ferait presque pleurer dans les chaumières. » Dominique Reynié (professeur à Sciences Po) a vu Hirsch, il a oublié Kouchner qui va jouer au gouvernement un rôle identique à celui du successeur de l'Abbé Pierre pour la France, comme une sorte de Saint-Bernard planétaire. Car n'en doutons pas, Sarkozy sera le véritable chef de la diplomatie française.
Décidément Nicolas Sarkozy pense à tout. Non seulement il réalise cette ouverture en trompe l'½il que Bayrou (puis Royal) avait rêvé, mais il reprend à la gauche, l'accentuant même jusqu'à la caricature, cette posture de super-assistante sociale que la candidate socialiste avait cru bon d'endosser. Un comble pour quelqu'un qui n'a eu de cesse pendant toute sa campagne de fustiger cette France qui préfère vivre de l'aide sociale plutôt que de travailler. Il fallait bien ça pour donner le change quelque temps et masquer le caractère de classe hypertrophié d'un tel pouvoir.
Humiliée, trahie par les siens, la gauche ne trouve même pas la réplique. Comment le pourrait-elle ? N'a-t-elle pas appelé elle aussi à la réconciliation des Français avec l'entreprise ? Deux avocats d'affaires, l'un à la présidence, l'autre à l'économie, président désormais aux destinés du pays. DSK devrait être ravi, ses v½ux sont exaucés. L'Entreprise France est en de bonnes mains. Les dames patronnesses veilleront à ce que la pilule ne soit pas trop dur à avaler.
Décidément Nicolas Sarkozy pense à tout. Non seulement il réalise cette ouverture en trompe l'½il que Bayrou (puis Royal) avait rêvé, mais il reprend à la gauche, l'accentuant même jusqu'à la caricature, cette posture de super-assistante sociale que la candidate socialiste avait cru bon d'endosser. Un comble pour quelqu'un qui n'a eu de cesse pendant toute sa campagne de fustiger cette France qui préfère vivre de l'aide sociale plutôt que de travailler. Il fallait bien ça pour donner le change quelque temps et masquer le caractère de classe hypertrophié d'un tel pouvoir.
Humiliée, trahie par les siens, la gauche ne trouve même pas la réplique. Comment le pourrait-elle ? N'a-t-elle pas appelé elle aussi à la réconciliation des Français avec l'entreprise ? Deux avocats d'affaires, l'un à la présidence, l'autre à l'économie, président désormais aux destinés du pays. DSK devrait être ravi, ses v½ux sont exaucés. L'Entreprise France est en de bonnes mains. Les dames patronnesses veilleront à ce que la pilule ne soit pas trop dur à avaler.